.jpg) | Remplacer les 200 millions de lanternes à kérosène en Inde par des lanternes « solaires ». C'est le projet colossal de Lighting a Billion Live. Un Projet qui a vue le jour il y a 2 mois et qui pour ambition de conquerir l'Asie. |
Lighting one Billion Campaign Project, Jhansi, Inde, 29 Septembre 2008, Premiers jours en Inde et déjà des surprises, des anecdotes, des petites frayeurs de sacs perdus et des découvertes. Descendu de l’avion dans la capitale indienne vers 4h du matin, c’est au milieu d’une ville aux contrastes impressionnants, aux rickshaw par milliers, au trafic incroyablement… bordelique ! et à une pauvreté parfois dure à accepter pour les regards d’Européens que nous nous retrouvons…
Mais le planning des rencontres en Inde sera chargé, bien chargé et Dehli ne sera qu’escale de quelques jours.
C’est d’abord au TERI, l’organisme de développement de solutions alternatives pour l’environnement présidé par le Dr Patchauri (Président du célèbre GIEC et dernier prix Nobel de la paix 2007 aux cotés d’Al Gore), que nous nous rendons pour un court rendez-vous afin de planifier le RDV du lendemain dans le Rajasthan.
Nous nous retrouvons alors à 4h30 du matin pour quartes heures de route aux coté de notre chauffeur de taxi, Amil en direction du village de Virat Nagar.
C’est un autre Dehli que nous découvrons en quittant la capitale à cette heure matinale où les bouchons laissent place à des artères vides et à une sortie de la métropole en moins de 35min, exceptionnel temps selon Amil, pilote de formule 1 à ses heures…
S’enchainent alors les kilomètres au l’on croise des chameaux, des vaches, des camions ou des épaves de tracteurs sur cette route où le rouge feu des montagnes désertes et le vert des plaines forment un contraste détonnant.
Arrivée dans la matinée nous sommes accueillis par Dharmpal qui nous explique rapidement le projet dont il a géré la mise en place avant d’aller à la rencontre des habitants des 2 petits villages de Banganga et Jodhula.
« Vous êtes les premiers étrangers à nous rendre visite, le projet ayant débuté qu’il y a 2 mois seulement » nous explique t’il.
Dans les 2 villages que nous allons visiter, comme pour 400 millions d’Indiens, il n’y a pas d’électricité, les gens utilisent donc des lanternes à kérosène ou à paraffine pour s’éclairer la nuit.
Le projet colossal Lighting a Billion Live à pour objectif de remplacer les 200 millions de lanternes à kérosène par des lanternes « solaires ».
« Aujourd’hui, nous explique Amil, il y a environ 90 millions de lanternes à Kérosène en Inde ce qui entraine des infections des voies respiratoires après les années ainsi que de multiples incendies.
Mais le projet du Teri n’est pas limité aux frontières indiennes, l’objectif est d’exporter l’innovante idée dans toute l’Asie et en Afrique où plus de 400 Millions de lanternes sont utilisés par un peu plus de 1,6 milliards de personnes.
« Après une série de test, le véritable premier projet a été mis en place chez nous il y a donc 2 mois. »
Le fonctionnement est très simple, une personne par village est choisie en fonction de différents critères (investissement dans la vie du village, situation professionnelle et financière…)et lui sont mis à disposition 50 lanternes à batteries et des panneaux solaires permettant de les recharger la journée. Le soir, les habitants du village viennent chercher leur lanternes pour la nuit et paye 3 roupies (environ 6cts d’euros), prix du kérosène normalement utilisée pour la soirée, mais avec un éclairage 11 fois supérieur. Le matin ils les ramènent, elles rechargent toute la journée grâce aux panneaux solaires, et cela 365 jours par an.… D’un point de vue environnemental, ca permet d’éviter d’émettre 15 kg de CO2 et d’éviter de bruler 45 litres de Kérosène par an. « Je vous laisse faire la multiplication pour les 400 millions de lanternes » nous lance Amil ! Une aide gouvernementale aidant les solutions alternatives au kérosène existe depuis 20 ans et permet de couvrir un partie de l’achat des lanternes (Le même principe que chez nous pour le subventionnement du solaire par exemple). A Banganga, c’est Ghoti qui a été choisi pour se charger du projet dans ce village de 600 personnes a fait un petit microcrédit pour lui permettre de couvrir l’achat des panneaux et la petite partie de l’achat des lanternes non couvertes par la subvention de l’état. C’est une petite entreprise que cette belle femme de 60 ans a monté.
Elle nous explique qu’elle a l’intention de demander 50 lanternes supplémentaires car le business tourne bien !
Elle veut néanmoins attendre 6 mois afin de rembourser la moitié de son microcrédit. « La démarche de cette femme est exactement ce que nous voulions créer, l’envie d’entreprendre. En effet, créer l’entreprenariat est l’une des meilleures solutions (et plusieurs personnes nous l’on répété lors de ce périple Asiatique) explique Amil. Beaucoup de personnes attendent trop des aides du gouvernement ou des ONG et n’essayent jamais de se mettre dans la peau d’un acteur de quelconque développement. C’est pourquoi une partie de notre travail est d’être un déclencheur à l’action et aux idées pour que ces gens sortent de tout processus d’assistanat.
Nous finissons la journée par le conseil des femmes du village de Banganga pendant 1 heure. Grand moment de discussion ensemble où elles nous racontent leurs journées, leurs problèmes quotidiens ou leur vision des villes d’Inde où jamais elles n’ont été mais qui sont pour elles le rêve de toute une vie.
Grand moment de notre périple Indien…
Shake Your Planet
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