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Popenguine, la gestion communautaire à la sénégalaise… ![]() |
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| Popenguine, la gestion communautaire à la sénégalaise… |
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C’est à 45 km au sud de Dakar qu’un petit coin de paradis de 1000 hectare est préservé par un groupement de femmes hors du commun. 1555 femmes bien décidées à faire changer les choses. 20 ans après, on peut dire sans hésiter que ce pari fou est superbement réussi et qu’il n’est pas prêt de s’arrêter !
En 1987, 119 femmes du petit village de Popenguine décident de mettre toute leur force contre la déforestation de leur réserve : La réserve de Popenguine. Emmené par Woulimata Thiaw elles commencèrent volontairement par s’organiser en une petite communauté fixant objectifs et méthodes à leur plan d’action.
Au début de leur action, il n’y avait plus que quelques arbres sur les collines et quelques restes de mangrove le long de la lagune de la Somone. La réserve avait été saccagée. Chaque semaine la mangrove devenait de plus en plus petite car tout était coupé par les familles alentours pour s’approvisionner en bois de chauffe et cuisine. Oiseaux, huitres, moules, crevettes… avaient ainsi déserté la lagune qui ne leur offraient plus abris et nourriture. Les 119 femmes avaient toute connu la belle époque ou la réserve était encore un paradis avec une faune et flore abondante. Bien décidé à changer la donne, elles débutèrent par mettre en place un réseau de distribution de combustibles afin de procurer aux ménagères du bois, charbon de bois et du gaz jusqu’alors mal distribué mettant fin ainsi à la coupe d’arbres et de palétuviers (la principale plante poussant dans la mangrove). Parallèlement, elles commencèrent à replanter de jeunes plants d’acacias, baobabs, palétuviers… issus de la pépinière mise en place au sein de la communauté pour reboiser forêts et mangrove.
Comme elles ne pouvaient gérer de manière optimale l’ensemble de la réserve, elles associèrent 8 communautés de villages voisins à leur démarche pour un total de 1555 femmes enagées et une population de 35 000 habitants repartie sur 9 villages. Chacune des communautés fonctionnent individuellement sous les yeux souriant de Woulimata, première femme du Sénégal à la tête d’une communauté rurale. Comme elle rigole à nous le dire « Dans notre ethnie Sérère, les femmes restaient à la maison pour les travaux domestiques… En 1987, les femmes ont pris le pouvoir ! » Les résultats sont poignants. 20 hectares de mangrove replantée, plus de 10 000 nouveaux arbres plantés chaque année depuis 20 ans.
L’érosion désormais enrayée, leurs actions profitent à tous.
La pêche à la crevette, aux huitres et moules a repris redevenant une source de revenu pour les familles locales et les oiseaux migrateurs ne loupent pour rien au monde cette escale. Le fonctionnement de la communauté est auto financé par la vente de légumes, de plants d’arbres issus de la pépinière et la venue croissante des touristes. Des fonds extérieurs ont été au début nécessaire pour mettre sur de bons rails cette initiative. Dorénavant la MECPRONAT (Mutuelle épargne et crédit pour la protection de la nature) fournit des prêts aux familles des 9 villages à un taux de 7%. L’intégralité des bénéfices est reversée aux actions de reforestation mené par la communauté. Quand on demande à Woulimata si un tel fonctionnement peut être reproduit ailleurs avec les mêmes résultats. La réponse ne tarde pas accompagné d’un immense sourire « OUI ! ». Elle aide actuellement un collectif de femmes de Sokone, situé plus au sud à la frontière gambienne, à créer une organisation similaire pour protéger leur espace naturel. Un très bel exemple de gestion communautaire d’espaces naturelles. Le tout à la sénégalaise :-) Merci merci Woulimata ! Shake Your Planet D'autres photos à venir... |
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Ecrit par: Sylvie () le 08-06-2009